Commerce électronique et technologie

Le commerce au détail : des services essentiels face à des défis immenses

16 septembre, 2022

À l’approche de la mi-campagne, on constate que la pénurie de travailleurs s’est rapidement imposée comme thème central dans le débat politique. Heureusement d’ailleurs. Il ne pouvait en être autrement puisque tous les aspects de notre quotidien sont présentement affectés par cette crise. Attentes plus longues, réduction de services, coûts plus élevés, fermetures, pression sur les employés, difficultés d’approvisionnement – la liste des conséquences est longue.

Le manque de travailleurs ne se limite pas à nos frontières, mais le Québec est plus sévèrement touché que tous ses voisins. Notre population est plus âgée, et notre courbe démographique est plus accentuée qu’ailleurs. Pire, la situation devrait durer et s’aggraver pendant encore plusieurs années. On sait qu’au rythme actuel, la population active augmentera de 400 000 en Ontario au cours des 10 prochaines années, alors qu’elle diminuera de 100 000 au Québec. Ce n’est certainement pas en déplaçant la pénurie d’un secteur à un autre, à la faveur d’une guerre des salaires poussant l’inflation à la hausse, que l’on augmentera la population active.

Le secteur du détail est particulièrement affecté par cette pénurie, environ 25 000 postes étant présentement vacants. Pourtant, ce secteur est celui qui aide la population à se nourrir, se vêtir, se loger, et même à se déplacer et à se cultiver. Ce sont des besoins plus qu’essentiels, auxquels répondent plus de 480 000 travailleurs partout au Québec.

C’est ce que nous avons réitéré au cours des derniers mois en rencontrant les cinq partis politiques représentés à l’Assemblée nationale en vue de la campagne électorale. Nous avons discuté de problèmes et de solutions, et répété l’importance du commerce de détail autant pour l’économie et nos régions que pour chacun des citoyens.

 

Des défis grandissants

 Les deux dernières années ont entraîné d’importantes transformations dans les besoins et les habitudes des consommateurs. Les travailleurs et les employeurs ont dû être très résilients afin de composer avec les défis liés à la mutation du monde du travail, l’accentuation de la pénurie de main-d’œuvre, l’inflation persistante et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Mais l’ajout de nouvelles complexités administratives, de lois et de règlements demeure un enjeu permanent. Bien que les commerçants répondent et se conforment à ces obligations, certaines sont parfois lourdes à appliquer. En particulier lorsque les règles diffèrent selon les villes ou les paliers de gouvernement.

Par exemple, certaines municipalités ont récemment commencé à introduire, indépendamment les unes des autres, des redevances sur certains produits de consommation – pour des raisons environnementales, touristiques ou autres. Puisqu’il n’existe pas de balises provinciales, les règlements et les produits visés sont différents d’une ville à l’autre. Dans certains cas, on exige uniquement une redevance si vous n’êtes pas citoyen de la ville, le commerçant devant chaque fois demander une preuve d’adresse. Avec plus de 1 100 municipalités, imaginez le casse-tête administratif pour le commerce qui possède plusieurs établissements au Québec.

Il y a également un projet de loi qui prévoit transférer aux municipalités la responsabilité de fixer les heures d’ouverture de tout commerce sur son territoire. C’est-à-dire autant de scénarios qui changeront au gré du temps, de la localité et du type de commerce. L’impact anticipé sur les chaînes d’approvisionnement, déjà sous pression, est important dans un contexte exacerbé par le manque de main-d’œuvre.

Alors que les entreprises s’automatisent, se numérisent et tentent d’uniformiser leurs processus pour optimiser leurs relations avec les consommateurs, évitons-leur de devoir composer avec des centaines de scénarios d’horaires, de redevances, de règles qui divergent selon le lieu ou le palier de gouvernement. Autrement, c’est le citoyen qui risque de se buter à une porte fermée, une file d’attente interminable, des produits manquants ou des redevances à ajouter à sa facture.

Heureusement, les cinq partis politiques ont montré une grande ouverture à nos propos. Le défi sera de maintenir cette ouverture au-delà des élections.

 

Michel Rochette

Président

Conseil canadien du commerce de détail – Québec

 

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