Réflexions sur les emballages et les matériaux de remplacement

Afin d’éviter que les déchets ne se retrouvent dans l’environnement et d’améliorer l’entrée et la sortie des flux de recyclage, il est important pour les entreprises de revoir régulièrement leurs portefeuilles d’emballages. Des analyses régulières peuvent aider les équipes à déceler les possibilités de réduire les emballages, d’en retirer des éléments problématiques et de choisir des solutions de remplacement pour certains matériaux. Plusieurs entreprises le font déjà afin d’atteindre leurs objectifs en matière de développement durable et se joignent à des coalitions et à des ententes, dont le Forum des biens de consommation (FBC) et le Pacte canadien sur les plastiques (PCP), pour poursuivre leurs efforts et créer un mouvement à l’échelle de l’industrie.

Aperçu des règles d’or de la conception du FBC

En 2020, le FBC a publié deux règles d’or de la conception pour les emballages afin de réduire la complexité des processus de recyclage, tout en augmentant les taux de recyclage. Une mauvaise conception des emballages, des matières problématiques et le suremballage peuvent aggraver les problèmes de recyclage. Voilà pourquoi le FBC a publié les deux premières d’une série de règles de conception.

Le polytéréphtalate d’éthylène (PET) est l’un des plastiques les plus utilisés pour les produits alimentaires, les boissons, les applications domestiques et autres usages. Afin d’augmenter la valeur dans la chaîne de recyclage, le FBC insiste sur l’importance d’utiliser du PET transparent et non coloré ou, du moins, du PET transparent de teinte bleue ou verte. Au-delà de cela, les entreprises doivent réfléchir au choix des matières, aux adhésifs et à la taille des bandeaux et étiquettes pour aider à mettre en place des processus de recyclage efficaces et à réduire la contamination.

Une autre façon d’améliorer la recyclabilité des produits d’emballage en plastique est d’en retirer les éléments problématiques – notamment le noir de carbone (indétectable au tri), le PVC et le PVDC, le PS et l’EPS, le PETG dans les produits d’emballage rigides – et d’éviter les plastiques oxo-dégradables. Consultez la section suivante pour en savoir plus.

Pourquoi certaines matières sont problématiques pour les systèmes de recyclage

Polystyrène (PS) et polystyrène expansé (EPS)

Étant souvent utilisées comme emballages pour les produits alimentaires et les boissons (p. ex., comme contenants de plats à emporter), ces matières sont fréquemment contaminées et difficiles à nettoyer. En outre, leur recyclage n’est pas viable économiquement, et elles finissent fréquemment au site d’enfouissement.

Noir de carbone

Suivant la technologie utilisée (p. ex., celle du proche infrarouge), il peut être plus ou moins difficile de détecter les plastiques de couleur sombre au cours du tri, et ceux-ci finissent souvent au site d’enfouissement.

Plastiques oxo-dégradables

Ces matières se fragmentent en petits morceaux, alimentant ainsi la pollution microplastique. On les trouve dans les produits d’emballage comme les films rétractables ou étirables.

PETG

Le PETG, polytéréphtalate d’éthylène (PET) modifié par l’ajout de glycol, se retrouve en général dans les contenants de boissons et peut contaminer les chaînes de recyclage du PET, réduisant ainsi la qualité des matières recyclées.

PVC et PVDC

Le chlorure de vinylidène (PVC) et le polychlorure de vinylidène (PVDC) contiennent de nombreux additifs qui nuisent au recyclage des autres matières.

Réflexions sur les emballages

En considérant les produits d’emballage et les matériaux de remplacement, il est important de se rappeler que chaque catégorie de produits (p. ex., celle des produits alimentaires, des articles d’usage courant, des vêtements, etc.) a son propre ensemble de réflexions.

Il est important de s’assurer que les emballages permettent d’éviter que les produits ne soient endommagés (bosselures, éraflures, gaspillage alimentaire, etc.), ce qui entraînerait une augmentation des retours et des rejets. Si ce genre de problèmes survient fréquemment, il peut également avoir une incidence négative sur la réputation d’une marque.

Des emballages plus lourds peuvent rendre plus difficile la manipulation des produits et augmenter les coûts d’expédition ou de transport. Si le produit est déjà lourd (p. ex., s’il s’agit d’un électroménager, d’un meuble, etc.), l’emballage doit être à la fois résistant et rembourré.

Selon l’endroit où se trouvent les fabricants, les fournisseurs et les centres de distribution, il se peut que les produits franchissent de grandes distances et se retrouvent dans de nombreux points de service, rendant ainsi nécessaire l’ajout d’éléments d’emballage afin de bien les protéger.

En général, lorsque des articles sont vendus dans des commerces traditionnels, les produits sont expédiés en vrac directement à des centres ou à des magasins de distribution. Mais le commerce électronique gagne en popularité (en raison de la pandémie notamment), et les produits doivent de plus en plus souvent être placés dans des emballages individuels dont la grande caractéristique doit être la résistance puisqu’on compte davantage de points de service le long de la chaîne d’approvisionnement du commerce électronique (fabricants, centres de distribution, service postal, etc.).

En choisissant des produits d’emballage, les entreprises doivent réfléchir à leurs objectifs en matière de durabilité. Par exemple, elles doivent considérer s’il existe en leur sein un engagement envers la recyclabilité, la compostabilité, l’économie circulaire, etc. Elles doivent aussi se demander si l’infrastructure nécessaire au traitement des matières est suffisante (cela peut varier d’une province à l’autre).

Communiquer avec les vendeurs

Après avoir passé en revue votre portefeuille de produits d’emballage, il est important de renseigner les vendeurs le long de la chaîne d’approvisionnement pour s’assurer que tous sont sur la même longueur d’onde. Il est plus facile, quand les vendeurs connaissent les engagements et les objectifs d’une entreprise, de déterminer les occasions de partenariat. Les vendeurs sont également plus susceptibles de soumettre directement à l’entreprise des solutions en matière d’emballage.

Quand on cherche à mettre en œuvre des changements, il est essentiel de prévoir des échéances réalistes, puisque les vendeurs peuvent avoir passé des pré-commandes de produits d’emballage (ce qu’ils ont souvent fait durant la pandémie afin d’éviter les perturbations de la chaîne d’approvisionnement). Les vendeurs peuvent ainsi ne pas être en mesure d’effectuer rapidement des changements, mais il demeure possible d’établir des échéanciers qui satisfassent toutes les parties. Il peut aussi être utile de bien documenter chacune des composantes d’un emballage pour s’assurer que celui-ci puisse bien être recyclé dans différentes provinces (cela peut devenir plus complexe avec les emballages composés de plusieurs parties).

Par ailleurs, il peut être bon de tester les modifications à apporter aux emballages sur de plus petites gammes de produits avant d’en généraliser l’application à d’autres marques ou catégories de produits. Dans certains cas, les matières recyclées sont plus onéreuses que les matières vierges, mais les entreprises peuvent réduire leurs coûts en jouant sur les volumes. En fin de compte, plus les entreprises s’engageront auprès des vendeurs à promouvoir le développement durable et l’innovation, plus ces approches se répandront.

Solutions de remplacement (p. ex. au polystyrène utilisé pour protéger les produits)

Suppression des éléments d’emballage inutiles

Avant de se lancer dans les produits d’emballage de remplacement, il est recommandé de déterminer si tous les éléments d’un emballage sont nécessaires ou si certains peuvent être supprimés. Ainsi, si un produit se compose de plusieurs parties, existe-t-il une meilleure façon d’agencer les pièces entre elles pour réduire les mouvements ou est-ce qu’une boîte plus petite préviendrait les mouvements et rendrait inutile l’ajout d’éléments d’emballage ?

Une particule de calage en styromousse (rose) à côté de particules de calage en amidon de maïs.

Particules de calage compostables

Dans le cadre de discussions menées avec des fournisseurs, il est essentiel de bien faire la distinction entre les articles certifiés compostables et les options de produits biodégradables. Comme il est possible que les fournisseurs aient une définition ou une compréhension différente de la terminologie employée, il faut qu’il y ait un dialogue ouvert, notamment à propos de ce que vous espérez accomplir avec vos produits d’emballage et de la possibilité que ceux-ci puissent être traités par les infrastructures de compostage existantes.

Plusieurs matériaux de remplacement biodégradables ne peuvent être déchiquetés correctement dans les installations de compostage ou font augmenter les taux de contamination (parce qu’ils contiennent, par exemple, du plastique ou des éléments synthétiques). Voilà pourquoi plusieurs municipalités canadiennes (dont la Ville de Calgary) demandent aux citoyens de jeter les particules de calage compostables à la poubelle afin qu’elles soient envoyées au site d’enfouissement.

Carton ondulé (avec cannelures)

Le carton ondulé (document en anglais) est une excellente solution de remplacement quand on souhaite disposer d’une matière solide, résistante et capable d’assurer la protection de produits emballés. Le carton est souvent en partie recyclé et favorise ainsi la promotion de l’économie circulaire, tout en étant réutilisable ou recyclable. Par ailleurs, comme on emploie peu de colorants et d’additifs au cours de sa production, il est également plus facile à recycler.

Plus la taille de la cannelure (document en anglais) du carton est grande, plus celui-ci est solide et rembourré (et donc indiqué pour les produits plus lourds et les empilements). Quant au carton ondulé présentant de plus petites cannelures, il est plus facile à plier et mieux adapté à l’impression. Changer la taille des cannelures peut, suivant vos besoins, vous aider à réduire la taille du produit emballé.

Fibres moulées

Pour ceux qui cherchent une protection compacte, les fibres moulées constituent une très bonne solution de remplacement aux plastiques traditionnels. Comme elles peuvent prendre n’importe quelle forme, elles permettent de réduire la taille du produit emballé, tout en offrant un bon rembourrage et en absorbant l’humidité et les odeurs. La forme donnée aux fibres peut aussi faciliter l’imbrication et l’empilement des produits, ce qui permet de réduire leurs mouvements lors de leur expédition et donc les risques qu’ils soient endommagés (notamment les produits électroniques composés de nombreuses pièces ou comprenant plusieurs fils). Cela permet aussi aux entreprises d’expédier de plus grandes quantités de marchandises, puisque les emballages peuvent être empilés et imbriqués les uns dans les autres. Et, suivant la fibre utilisée, cette matière peut être recyclée ou compostée.

Papier déchiqueté

Le papier déchiqueté représente un excellent moyen de protéger des produits, puisqu’il est léger et peut être produit à partir de papier recyclé (p. ex., de journaux). Le papier déchiqueté peut être utilisé afin de remplir des boîtes et offrir ainsi un rembourrage pour les produits emballés, ce qui est fort utile si ceux-ci sont fragiles.

Coussins d’air

Les coussins d’air sont un moyen léger de remplir les vides autour des produits. À la différence des matières traditionnelles comme le polystyrène, les coussins d’air sont constitués d’une moins grande quantité de matière (il s’agit d’une fine pellicule remplie d’air), ce qui les rend plus économiques et durables. Ils peuvent aussi être fabriqués en partie à partir de contenu recyclé et être réutilisés jusqu’à ce qu’ils soient crevés. Il est important de noter que, comme la pellicule peut se prendre dans les appareils de recyclage, il faut considérer les infrastructures locales afin de s’assurer d’un traitement optimal de ce type de produit en fin de vie.

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