Sachez chasser ces anglicismes !

25 mars, 2021

La langue des affaires et du commerce est tellement remplie d’anglicismes que nous ne nous en rendons plus compte. Il est temps d’adresser ce problème et d’engager une conversation autour de ce phénomène. Si la dernière phrase ne vous a pas fait sourciller, c’est que vous êtes déjà trop contaminé par l’utilisation de ces anglicismes. « Adresser un problème » est un des anglicismes les plus répandus, et l’expression « engager une conversation » commence aussi à s’insinuer dans la langue française.

Mais rassurez-vous, vous n’êtes pas seul ! L’adoption par les Québécois de ces anglicismes relève d’une simple logique langagière. En effet, la logique langagière qui traduit nos pensées en mots cherche souvent les raccourcis linguistiques afin d’en dire plus avec le moins de mots possible. Les deux anglicismes relevés ici « font du sens », pour utiliser un autre anglicisme. Avant de corriger l’utilisation des anglicismes, il faut comprendre pourquoi les locuteurs francophones se les approprient avec autant de vélocité. Ce sont des raccourcis verbaux qui sont socialement acceptés !

Bien que nous soyons tous en mesure de comprendre la motivation derrière cette appropriation linguistique, il n’en reste pas moins que leur utilisation ne rend pas justice à la finesse, à la justesse des mots et à la richesse de la langue française. Voici une liste des principaux anglicismes entendus ces derniers mois, suivie du mot juste en français.

  • Sous l’influence du verbe anglais « to address », on utilise parfois « adresser » dans le sens d’« étudier », de « résoudre » ou de « traiter ».
  • « Engager une conversation » vient de l’anglais « To engage à discussion ». On devrait plutôt dire « discuter » ou « démarrer une discussion ».
  • « Faire du sens » est la traduction littérale de « make sens ». On devrait toujours dire que quelque chose « a du sens » ou, encore plus élégant, « tombe sous le sens ».
  • Un dernier en bonus : « introduire quelqu’un » est un anglicisme et peut porter à confusion. On doit dire : « présenter quelqu’un »

Si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez utiliser le mot exact, nous vous invitons à consulter la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française, qui regorge de conseils et d’outils pour chasser les anglicismes galopants.

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